Cinéma_





Le cinéma colombien s’enrichit de jours en jours grâce aux apports de ceux qui ont cru à l’importance du cinéma en tant que vecteur pour décrire et construire l’identité nationale, comme une valeur du patrimoine culturel et parce qu’il est un canal ouvert sur le monde pour montrer la vitalité multiculturelle et la diversité de la société colombienne.

 

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Malgré les efforts faits par les uns et les autres, le développement du cinéma colombien n’a pas été facile en raison du manque d’appui et surtout des difficultés pour être en concurrence avec les milliards des productions du cinéma étranger. En reprenant la phrase de la revue Credential Edition 215, octobre 2004, «faire du cinéma est question de méthode, le plus difficile est de terminer les films, solder les comptes et insister en faire du cinéma sans argent mais avec le coeur».

< Au fil des ans la cinématographie colombienne a eu des moments de grande productivité, des efforts personnels, des difficultés et des succès. Aujourd’hui elle traverse un moment intéressant de son développement, en grande partie grâce à la loi 814 – 2003, appelée «Loi du cinéma». C’est un outil qui permet la continuité des processus créatifs et productifs ainsi que la sauvegarde du patrimoine audiovisuel comme le fait la Fondation du Patrimoine filmique Colombien chargée de la conservation de la mémoire audiovisuelle: long-métrages, reportages et vidéos entre autres, ça grâce aux apports financiers et aux bénéfices des baisses d’impôts aux investisseurs nationaux et étrangers qui appuient des projets de films.

< Bien que la culture cinématographique colombienne soit en construction, les nouvelles règles du jeu permettent l’entrée en scène de la nouvelle génération de directeurs et de producteurs avec une expérience technique professionnelle ainsi que des idées audacieuses et créatives ce qui contribue au développement du cinéma et à la construction de la culture colombienne. Une génération fatiguée aussi de voir dans les différents films américains et européens le même portrait méprisant et caricatural de la Colombie

Doit-on laisser Hollywood écrire notre histoire? Une pub pour stimuler la loi du cinéma www.leycine.com

< Comme dit le critique de cinéma Carlos Álvarez dans le prologue de son livre «Sur le cinéma colombien et latino-américain»: «Parce que le cinéma dans un pays comme la Colombie est un ensemble de rétro-alimentation dans un projet pour construire une culture propre qui renvoie les valeurs de notre société vertigineuse et en constant changement sans aller toujours dans des processus élevés»



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Histoire en court-métrage

En 1897, selon les données de presse les plus anciennes, le cinéma est arrivé en Colombie amené par des étrangers poussés par l’illusion de l’aventure et la prospérité que promettait la nouvelle invention, une industrie d’images en mouvement qui pouvait leur garantir une alternative de survie dans le nouveau monde. Or ce n’était pas un appareil mais un grand véhicule de transformation culturel. Avec le cinéma arrive au pays les contradictions de la modernité car à travers les images il y a eu des changements de mode, de coutumes, d’architecture et de la manière de comprendre les oeuvres artistiques.

< Le premier long-métrage réalisé fut par les frères italiens Di Doménico en 1915, dans lequel se narrait l’assassinat du président Rafael Uribe Uribe, le film «El Drama del 15 de octobre» (Le drame du 15 octobre) dont sa particularité était que les acteurs étaient les vrais assassins mais les moralistes de l’époque n’ont pas laissé projeter le film et il fut détruit par ordre judiciaire. Malgré une société ultra-conservatrice, la production cinématographique prend de l’élan dans les premières décennies du XXéme siècle, elle devient un outil d’information et de récréation mais gérée par des entreprises familiales et sans aucun appui de l’Etat.

< La production de films dans les années 20 fut importante, en 1922 la Valle Films réalise «la Maria», film à grand succès d’après le roman de l’écrivain colombien Jorge Isaacs. En 1923 la Film & Company de Manizales fait «la Madre» (la mère) basé sur le roman de Samuel Velásquez. En 1923 Arturo Acevedo Vallarino et les frères Di Doménico créent la Empresa Cinématographique qui en 1924 réalise les films « Aura o las violetas et la tragedia del Silencio » (la tragédie du silence); puis en 1925 c’est «Bajo el cielo Antioqueño» (sous le ciel Antioqueño) écrit et dirigé par Arturo Acevedo et produit par un milliardaire Gonzalo Mejía. Garras d’or (griffe d’or), en 1928, est un film qui montre clairement les motivation politiques de ses réalisateurs en utilisant des valeurs patriotes, il reflète l’angoisse du pays devant le dépouillement du canal de Panama et dénonce l’indifférence complice de la classe dirigeante. C’est un film exceptionnel non seulement par le sujet abordé mais par les ressources plastiques et visuelles pour représenter les conflits entre pays.



La Maria
– Fondation du Patrimoine filmique Colombien

La Madre –
Fondation du Patrimoine filmique Colombien



Griffe d’or –
Fondation du Patrimoine filmique Colombien



Les années suivantes sont marquées par un déclin du cinéma colombien, quelques films sont réalisés mais toujours sans l’intervention de l’Etat. Des sujets qui abordent des valeurs importées du nord: beauté américaine, manteaux de cuir, automobiles, confort, american way of life dans «Señorita Colombia» (La reine de Colombie), ou des sujets politiques-journalistiques comme la guerre Peru-Colombie «Colombia victoriosa» (La victoire de Colombie). En 1937 se font les premiers essais du cinéma et en 1941 se produit le première film sonore «Flores del Valle» (Fleurs de la Vallée) – film qui a été restauré d’ailleurs par la Fondation du Patrimoine Filmique Colombien. En 1942 le gouvernement fait sa première intervention avec une loi qui cherchait à formaliser le secteur en obligeant les entreprises à se constituer légalement avec un capital 80% colombien, loi pleine de bonnes intentions mais sans aucune répercutions pour l’avancement de secteur. Or, par la manque de ressources les initiatives pour faire du cinéma continuent de ralentir malgré les efforts et elle est aussi écrasée en grande partie par le cinéma mexicain qui monopolise l’intérêt des colombiens.

En 1958 « El milagro de sal» (le miracle du sel) un film avec une technique narrative relativement solide fait renaître l’intérêt du grand public pour les sujets nationaux et il se produit un déclenchement de productions, ce qui donne naissance au Festival du cinéma de Cartagena (1960)

Les années 70′ commencent avec le cinéma politique et de lutte, mais à la fois analytique et plein d’émotion, une cinéma marginalisé et d’avant-garde. Il y a confrontation entre ceux qui considèrent le cinéma comme un arme de lutte de classe et ceux qui plaident pour un cinéma à caractère commercial et d’expression personnelle. En 1972 est crée la loi du sur-prix en obligeant les salles du cinéma à diffuser un court-métrage national et élever le prix des films étrangers pour avoir un excédent monétaire qui serait destiné aux productions nationales. Une telle mesure fait produire une grande quantité de films mais de qualité relativement médiocre cependant émerge un groupe de cinéastes de talent comme Carlos Mayolo, Lisandro Duque, Ciro Durán, Mario Mitrotti, Francisco Norden.


Cette nouvelle vague de directeurs montre qu’il était possible de faire du cinéma en Colombie et le gouvernement créait ainsi en 1979 Focine, institution pour promouvoir le secteur au niveau national et à l’international; elle cherchait à fortifier les relations cinéaste – spectateur et sa création permet une abondance de productions de longs-métrages, du cinéma d’underground ou d’humeur noire ainsi qu’un cinéma qui essaye de sortir de l’amateurisme pour devenir professionnel. Malheureusement en 1993, la bureaucratie, les intérêts personnels, les manques d’objectifs clairs mettent l’entité en faillite et le cinéma reste une fois de plus sans appui.

Or, on peut dire que le cinéma en Colombie est à l’image du pays, imprévisible et combatif et il reste en scène grâce aux effort personnels et au travail en équipe de producteurs et directeurs qui mettent en évidence, une fois de plus, le besoin d’expression à travers l’art visuel. C’est ainsi que le cinéaste trouve un espace politique concret en 1997 avec la création du Ministère de la culture et avec lui Proimagenes, entité chargée de consolider et structurer le secteur cinématographique colombien. C’est fois-ci une politique intégrale est née : de formation, d’investigation, de production, de divulgation, de conservation qui essaie de faire sortir cet art de la léthargie et finalement le dernier effort en date a été la loi 814 de 2003 pour qu’il devienne une industrie non seulement rentable mais durable

Sources

Biblioteca Luis Angel arango
Cinefagos
Fundacion patrimonio filmico
Sinic-Ministère de la Culture
lapalabra.univalle.edu.co
Cinemateca Distrital
Luis Alberto Alvarez, Paginas de cine, Medellín, Universidad de Antioquia, 1988.
Gonzalo Castellano Valenzuela, «Cine en Colombia, siéntalo, entiéndalo y hágalo»
Salcedo Silva, Hernando – “Crónicas del Cine Colombiano”, 1981

< Laberinto est une entreprise de jeunes producteurs avec 13 ans d’expérience dans la réalisation d’audiovisuels en format ciné ou vidéo: pubs, vidéo-clips….

< En 2005 se réalise son premier film à grand succès au niveau national ainsi que la reconnaissance au niveau international BLUFF(www.bluffmovie.com)

Actuellement Laberinto compte trois départements: publicité, cinéma, télévision les deux derniers ont comme objectif de générer et développer des projets ainsi qu’appuyer les scénaristes et les réalisateurs avec leurs productions: de sa conception jusqu’aux stratégies de distribution et de vente.

< Laberinto offre une infrastructure spécialisée en Colombie pour les producteurs intéressés au tournage de leurs projets de publicité, ciné et télévision.

< Rey Rojo est un studio de communication visuelle formé par un groupe de professionnels spécialisé dans les différents champs graphiques et de publicité. Ils font la fusion entre l’artistique et le digital en créant un impact visuel ainsi qu’une variété de possibilités pour le développements de projets en communication visuelle.

Les festivals

www.festicinecartagena.org

< En 1959 un groupe d’entrepreneurs et de personnages du monde culturel de Cartagena prennent contact avec la Fédération International de Producteurs de Films, FIAPF, par l’intermédiaire de l’ambassade colombienne à Paris, avec l’objectif d’organiser un festival international du cinéma, en profitant les avantages qu’offre la ville, un des principaux sites du développement touristique national grâce à ses forteresses historiques et ses beautés naturelles.

< Le festival a pour but de promouvoir et stimuler la diversité culturelle des pays Ibéro-latino-américains et des Caraïbes par le renforcement de l’industrie cinématographique. C’est une plate-forme pour montrer, discuter, découvrir des oeuvres, des histoires, des tendances: de films qui transmettent les valeurs basiques de l’être national et latino, de la vie sociale et quotidienne des peuples et des nations.

< A ce festival on trouve des films qui vont des chefs-d’oeuvre jusqu’au petits films sans grand intérêt comme dans n’importe quel festival mais avant tout c’est un évènement qui essaye de privilégier l’audace pour faire avancer l’art du cinéma.

www.bogocine.com/xxv/

< Ce festival est né en 1984 d’un besoin de récompenser les efforts du cinéma colombien. Compte tenu du succès du premier festival, la Corporation internationale s’étend vers des horizons plus larges, depuis 1985 présente au public la cinématographie mondiale. L’évènement est reconnu par la Fédération Internationale des associations de producteurs FIAPF comme un festival à caractère mondial. Il a comme but principal de promouvoir les productions colombiennes et de mettre en valeur la cinématographie mondiale ; pour cela à chaque festival un pays différent est invité.

< Il gére deux prix : un national, le Cercle Précolombien d’or et un international, les Cercles d’or, d’argent et de bronze pour les meilleurs films et directeurs.

www.festicineantioquia.com

< En mars 2000 fut constituée la Corporation du Ciné et de la vidéo de Santa Fe d’Antioquia avec l’objectif de fortifier la culture audiovisuelle et la formation à travers du cinéma dans le département d’Antioquia, avec deux festivals :

 

< La caractéristique principale des ces festivals est la présentation de films en plein l’air (station du métro et autres espaces publiques) et des activités annexes gratuites, le tout accompagné d’une variété d’animations académiques.

Le festival « Feria de las Flores » de Medellín a lieu pendant le moins d’août en parallèle avec la Foire aux Fleurs; il est dédié au cinéma colombien.

Le Festival de Cine et Video de Santa Fe de Antioquia, est un festival thématique. En 2007, du 5 au 9 décembre, il était dédié au documentaire latino-américain.

La fondation a été créée en 2005 à partir du succès du long-métrage « El Rey » (le roi) et son objectif est de promouvoir l’activité cinématographique régionale et nacionale.




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