Peuples

Peuples de Colombie

 

  • A la recherche d’une identité nationale
  • Comme dans la majeure partie des pays andins, la coca fait partie intégrante du mode de vie indigène. Sa transformation pour en extraire la cocaïne est caractéristique de notre époque et n’a par contre rien à voir avec les indigènes. Vous trouverez ici une petite histoire de la coca, de ses implications et de ce qu’elle révèle.
  • Les indigènes disposent de leur propre organisme représentatif : l’ONIC
  • Les Kogis de la Sierra de Santa Marta sont certainement l’exemple le plus remarquable de préservation d’une culture authentique malgré bien les persécutions et quelle culture ! L’association Tchendukua oeuvre à la restitution des terres ancestrales des Kogis, une action qui a de multiples retombées et pas seulement en Colombie.
  • Les afro-colombiens : histoire et origines du peuple afrocolombien

 

A la recherche
d’une identité nationale

Des penseurs colombiens de différents courants idéologiques ont essayé de définir ce qu’est la nationalité colombienne; le résultat de leurs cogitations peut se résumer par les mots de Fernando Iriarte «La nationalité colombienne est une nationalité encore en procès, son développement n’est pas arrivé à son terme. Peut-être (bien qu’il y ait des éléments d’unité) parce qu’il ne s’est pas créé une seule nationalité, mais plusieurs ».

Existe-t-il donc une identité colombienne ? La question est loin d’être résolue. Mais il est clair qu’aujourd’hui la «colombianidad» (le fait d’être colombien) est la reconnaissance d’une grande diversité géographique, régionale et culturelle. Cependant il faut aller au delà, on doit envisager la construction culturelle de la vie en commun où le projet de nation inclut tout les colombiens de toutes les régions sans distinction de race.

www.cinep.org.co

En réalité il n’y a pas dans l’histoire de l’humanité un temps déterminé qui puisse être considéré comme étant suffisant pour qu’une communauté arrive à se consolider en tant que nation, mais dans notre cas il est certain qu’un demi-siècle, compté à partir de l’Indépendance, n’a pas été suffisant.

Crédit photo: Fondation Natura

L’énorme diversité d’écosystèmes présents en Colombie ainsi que les gigantesques fractures géographiques ont rendu difficile la communication entre les régions et peuvent expliquer pourquoi en Colombie, à la différence du Mexique et du Pérou, aucun groupe ethnique n’a imposé sa domination sur l’ensemble du territoire pendant l’époque précolombienne et pourquoi dans la colonie et la république ne se soient pas apparues les conditions pour une unité nationale. Bien que la Colombie ne puisse pas affirmer être une immense nation ou même un peuple, il est possible de parler d’un gigantesque mélange de cultures qui a donné lieu au métissage actuel.

Au début de la colonisation, la domination espagnole a voulu imposer la séparation stricte de races et de cultures, mais c’est finalement le mélange qui a fini par s’imposer, par nécessité biologique et aussi de par le passé historique de l’Espagne qui depuis longtemps avait été un territoire d’union entre ibériques dans ses différents branches : arabes, wisigoths, grecs.

Crédit photo : Prensarural

Nous pouvons parler de pluralité ethnique, à commencer par les racines indigènes de tribus comme les Tayronas, Quimbayas, Chibchas; mais aussi de pluralité noire suite à l’arrivée d’esclave africains sur notre territoire à l’époque coloniale, une population d’origine aussi variée que celle des indiens (angolais, mondongos, congolais, fanthi-ashanti, yolofos, lucumiés, etc.). Quant à notre composante espagnole, sa composition est également mélangée; en effet, dans le peuple espagnol il y a des traces d’ibériques et de celtes, mais également d’autres ethnies comme les gitans, les arabes, ou encore les juifs errant de pays en pays. Cependant, depuis l’expulsion des maures et des juifs, les espagnols se sont toujours présentés comme un peuple uni que ce soit par la race, la religion ou la langue.

Crédit photo: Prensarural

A cette pluralité nous devons ajouter l’influence des migrations non hispaniques pendant les siècles suivants : anglais, français, allemands, américains, arabes, juifs puis moyen-orientaux qui n’ont jamais été dominants en nombre comme dans le sud du continent, mais qui laissaient des traces. C’est ainsi que la société colombienne a établi son profil ethnique caractéristique du mélange vers le XVIIIémesiècle et a connu peu de variations depuis.

Jaime Jaramillo Uribe (historien) a bien défini le profil de notre métissage en indiquant que la Colombie occupe une position intermédiaire en Amérique Latine par rapport à trois possibilités : la première constituée de populations à prédominance euro-américaine comme dans le sud du continent, la seconde à prédominance afro-américaine comme dans les Caraïbes, Cuba et le Brésil, et la troisième à prédominance américaine basée surtout dans les chaînes montagneuses des Andes, du Chili à la Colombie et en Centre-Amérique, de Panamá au Mexique. Ce qui fait de la Colombie une frontière de transition ethnique entre l’euro-américain,
l’afro-américain et l’américain.

En Colombie le métissage est tellement prononcé qu’il n’est plus possible d’établir avec certitude la proportion actuelle des différentes races, néanmoins ont peut estimer la population indigène à plus de 700000 personnes, malgré les effets destructeurs de la conquête; il reste 87 ethnies, 64 langues et de nombreux dialectes, le tout regroupé en 13 familles linguistiques.

Crédit photo: Prensarural

La culture colombienne est donc en soit fondamentalement métisse et possède des éléments des trois « races» originaires sans que l’on puisse établir une prépondérance réelle, si ce n’est l’usage généralisé de la langue castillane ce qui a amené la Colombie à considérer la culture hispanique comme culture de référence.

L’empreinte laissée par l’expérience coloniale en Amérique latine a été profonde et à partir de cette période, la Colombie a obtenu par exemple son appartenance à la société occidentale et l’opportunité indéniable d’être une nation complexe telle qu’elle est aujourd’hui.

En Colombie la conscience d’appartenir à l’Occident semble être principalement urbaine et concerne les secteurs économiques hauts et moyens, mais en réalité, les phénomènes permanents de globalisation contribuent beaucoup à l’extension de cette conscience dans d’autres milieux : groupes de pauvres dans les villes et de paysans propriétaires de terre ou sans terre, voire même des indigènes qui participent à de projets de développement sociétal pour montrer qu’ils font partie d’une société occidentale sans pour autant perdre complètement leur identité ethnique.

Sources


www.lablaa.org/blaavirtual/historia/colhoy/colo1.htm

www.lablaa.org/blaavirtual/historia/hicol/hico3.htm

www.lablaa.org/blaavirtual/historia/revpol/indice.htm

www.onic.org.co/

www.humanas.unal.edu.co/colantropos/

www.luguiva.net

– Jaime Jaramillo Uribe, La personalidad histórica de Colombia, El pensamiento colombiano en el siglo XIX, Ensayos de historia social e Historia de la pedagogía como historia de la cultura
– Morales Jorge. Mestizaje, malicia indigena y vivez en la construccion del caracter nacional.Revista de estudios Sociales No 1. Universidad de los Andes 1998
– Colombia una Nacion Multicultural, su diversidad Etnica. DANE, mayo 2007
– Caicedo Tuttiago, Jaime Identidad, democracia y poderes populares. Bogotá. 1993 CEIS; Universidad de los Andes.
– Jimeno Santoyo, Myriam « Región, Nación y Diversidad cultural en Colombia ». En: Territorios, Regiones, Sociedades, Departamento de Ciencias Sociales, Universidad del Valle-CEREC, Cali- 1994
– Geografía Humana de Colombia. Variación Biológica y Cultural en Colombia (TomoI). Intituto Colombiano de Cultura Hispanica.2000