ONIC, représentant des indigènes

Discours de l’Onic

Malgré l’adversité, malgré l’oubli, malgré ceux qui nous gouvernent et malgré l’indifférence de nos amis, en Colombie survivent encore 87 peuples indigènes repartis tout au long du territoire national, qui s’accrochent à leur culture et qui bataillent pour ne pas se laisser absorber par la société majoritaire qui vise à prendre leurs territoires convertis en un gâteau à partager.

Les paroles de nos aïeux vibrent encore dans nos cœurs, le rugissement du jaguar nourrit nos croyances, les nuits illuminent l’espoir de construire une société plus juste.

Dans 64 langues différentes nous transmettons notre pensée qui nous renvoie à d’autres époques où l’eau, la terre et les hommes étaient frères et se partageaient l’espace en parfaite harmonie avec la Mère Terre.

L’équilibre a été rompu, l’indigène injurié, la nature violée et nos croyances accablées, cependant dans chacun de nous se maintient l’espoir qui chaque jour nous donne la force de nous lever, de mettre les pieds sur le sol vert de la jungle pour respirer un peu de sagesse, et continuer la lutte pour nos principes, qui ne sont pas seulement les nôtre mais appartiennent aussi à tous ceux qui ont compris la signification du mot « humilité ».

A une époque, le terme Indien était refusé par les indigènes, d’abord car il avait une connotation de mépris et aussi parce qu’il niait leur appartenance à un groupe. Ils préféraient s’appeler Paeces, Wayúus, Sikuanis, Emberas, Tules, Guambianos, Tikunas, etc. Dans cette recherche de rassembler leurs forces, les indigènes se sont rendus compte que le terme Indien était synonyme d’oppression et d’exploitation, mais qu’il pouvait se transformer en synonyme de solidarité et d’union dans leur quête de liberté. De cette manière on est passé de luttes et résistances isolées des ethnies indigènes à une identité plus large et avec d’avantage de perspectives de succès dans l’avenir. De ce procès de généralisation jaillit l’indigène au niveau national.

Les années 1990-1991 marquent une nouvelle étape de résultats à moyen terme dans l’aspiration des Peuple Indigènes à être représentés à l’intérieur de l’Assemblée constituante et à la reconnaissance constitutionnelle de l’existence des groupes ethniques avec leurs territoires culturels. Ce sont des réussites historiques largement niés aux communautés indigènes pendant des années.

La diversité régionale, ethnique et culturelle que nous défendons pour le pays ou la Nation multi-ethnique et pluriculturelle en utilisant des termes qui, aujourd’hui ont gagné une place dans la société colombienne, est plus en accord avec l’éthique universelle et humaniste dont les principes sont à l’origine des sociétés démocratiques et participatives.

Aujourd’hui, après 180 ans de vie républicaine, les indigènes colombiens proposent de nouveau la possibilité d’établir une vie en commun, multi-ethnique et pluriculturelle, solidaire avec la construction d’un projet national autonome.

www.onic.org.co

L’Organisation National Indigène de Colombie, ONIC, créée en 1982 comme une « Maloka » (grande maison pour les réunions indigènes) des peuples indigènes, a surgit d’un accord entre les communautés et peuples indigènes colombiens réunis dans un premier congrès indigène national.

Depuis sa création, l’ONIC a accompagné divers procès de revendication pour la récupération de territoires. Le développement d’un néo-libéralisme, l’imposition de politiques d’état au détriment des valeurs indigènes, la méconnaissance des droits territoriaux et culturels, la violence et les génocides des différent acteurs armés entre autres choses, ont été les motivations fondamentales des Peuples Indigènes pour se tenir unis sous un même toit afin de se battre pour les principes culturels, d’unité, de terre, de culture et d’autonomie résumés ainsi :

  • Défense de l’autonomie des indigènes

  • Défense des territoires et récupération de terres usurpées, pour faire une propriété collective des Resguardos.

  • Contrôle des ressources naturelles situées sur le territoire indigène

  • Défense de l’histoire, de la culture et des traditions indigènes

  • Récupération et développement de la médecine traditionnelle et exigence de programmes de santé selon les caractéristiques sociales et culturelles de la communauté.

Suivant ce cadre de principes fondamentaux, l’organisation a mis en place depuis sa création des actions ponctuelles, cinq congrès et des événements intra- et inter-culturels.

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